Le permis C1 autorise les véhicules dont la masse maximale autorisée dépasse 3 500 kg sans dépasser 7 500 kg. Il se passe dès 18 ans, après le permis B, avec un examen médical. Mais il n'est que la première des obligations qui se déclenchent le jour où un utilitaire franchit la barre des 3,5 tonnes, et de loin la moins chère.
Le permis C1 couvre de 3 501 à 7 500 kilos
La catégorie C1 vise les véhicules autres que ceux des catégories D1 et D dont la masse maximale autorisée dépasse 3 500 kg sans dépasser 7 500 kg, conçus et construits pour transporter huit passagers au maximum en plus du conducteur.
Une remorque est comprise, à condition que sa propre masse maximale autorisée ne dépasse pas 750 kg. Au-delà, c'est le C1E, une extension séparée avec son examen.
Le permis B est un prérequis. L'âge minimum est de 18 ans. Et contrairement au B, le C1 n'est pas acquis à vie : l'examen médical du groupe 2 vaut cinq ans au maximum, et le permis se renouvelle à ce rythme. Un chauffeur de 55 ans qui laisse filer sa visite conduit sans titre valable, ce qu'un contrôle routier découvre en dix secondes.
Combien coûtent les examens du permis C1 ?
Quatre-vingt-douze euros. C'est le total des redevances publiques pour la théorie et la pratique du C1, et c'est le poste dont personne ne parle parce qu'il est ridicule à côté du reste.
Les tarifs sont fixés au niveau fédéral et identiques dans tous les centres d'examen. GOCA publie la grille en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, taxe comprise.
| Épreuve, redevance 2026 (TVAC) | Montant |
|---|---|
| Examen théorique, catégories C et D | 23,00 € |
| Examen pratique complet, catégories C1, C, C1E, CE | 69,00 € |
| Aptitude professionnelle, questions à choix multiples | 78,00 € |
| Aptitude professionnelle, études de cas | 66,00 € |
| Aptitude professionnelle, épreuve orale | 136,00 € |
| Aptitude professionnelle, épreuve de manœuvres | 55,00 € |
| Aptitude professionnelle, qualification initiale | 81,00 € |
| Aptitude professionnelle, épreuve sur voie publique | 190,00 € |
| Recours contre une décision, hors catégorie B | 12,50 € |
Le poids du dossier est ailleurs, dans les lignes absentes de ce tableau : les heures de pratique en auto-école agréée sur un porteur, la visite médicale, et surtout le code 95 si vous y êtes soumis. Les six lignes d'aptitude professionnelle ci-dessus se cumulent selon la combinaison d'épreuves choisie. Prises à l'unité, elles dépassent déjà six cents euros de redevances, formation non comprise.
Le chiffre qui compte : le permis seul coûte moins qu'un plein de gasoil sur un Daily. Le reste du dossier coûte le prix d'une semaine de chantier.

Le code 95 ne figure pas dans le permis C1
Le permis et l'aptitude professionnelle sont deux choses distinctes, et c'est la confusion la plus coûteuse du dossier.
Le code 95 est un complément inscrit sur le permis. Il est obligatoire pour la plupart des conducteurs professionnels des catégories du groupe C, il vaut cinq ans, et il se prolonge par 35 heures de formation continue dans un centre agréé, l'examen médical du groupe 2 devant être en ordre au moment de la demande. Les titulaires d'un permis C ou C1 antérieur au 10 septembre 2009 bénéficient de droits acquis : pour eux, pas d'examen, seulement la formation continue.
Reste la question qui intéresse tout patron de PME : suis-je dispensé ? La Belgique a choisi d'accorder des dispenses là où plusieurs de ses voisins n'en accordent aucune. Le Service public de Wallonie publie la liste des catégories dispensées, tirée de l'article 4, § 1ᵉʳ de l'arrêté royal du 4 mai 2007. La dispense la plus large vise le transport de matériel, d'équipement ou de machines destinés au conducteur dans l'exercice de son métier, à condition que la conduite ne soit pas son activité principale.
L'administration nomme les métiers concernés, et la liste ressemble à un annuaire du bâtiment belge : toituriers, jardiniers, ouvriers de chantier, installateurs de meubles et de cuisines, conducteurs de pompe à béton, forains, vendeurs sur marché, maraîchers. Elle nomme aussi, et c'est plus utile encore, les cas où la dispense tombe.
| Au volant d'un porteur de plus de 3,5 t | Code 95 |
|---|---|
| Couvreur qui emmène son matériel sur son propre chantier | Dispense possible |
| Jardinier qui livre son terreau et le met en place lui-même | Dispense possible |
| Installateur de cuisines qui transporte puis pose | Dispense possible |
| Dépanneur qui répare le véhicule sur la route ou au garage | Dispense possible |
| Salarié qui livre le matériel de collègues sans travailler sur le chantier | Exigé |
| Dépanneur qui se contente de remorquer ou de transporter un véhicule | Exigé |
| Chauffeur d'un camion qui emporte les déchets ramassés par des collègues | Exigé |
| Déménagement privé, sans contrepartie commerciale | Dispensé |
La dispense belge s'arrête à la frontière
C'est le point que personne ne dit aux artisans, et il vaut un article à lui seul.
La directive européenne est commune, la transposition ne l'est pas. La Belgique a choisi d'accorder des dispenses ; l'Allemagne, le Luxembourg et la France ne les accordent pas. Un couvreur namurois parfaitement en règle sur un chantier à Marche-en-Famenne devient un conducteur sans aptitude professionnelle dès qu'il passe la frontière pour un chantier à Aix-la-Chapelle, avec le même camion et le même matériel. Les formateurs belges le répètent depuis dix ans, et Transportmedia relayait déjà l'avertissement en septembre 2016, en citant les deux mêmes noms d'experts que le secteur cite encore aujourd'hui.
Six raisons de prendre le code 95 même quand la dispense semble s'appliquer :
- La liste des dispenses n'engage pas l'administration qui la publie, et seul un juge tranche
- La notion d'activité principale du conducteur n'est chiffrée nulle part dans le texte
- La dispense ne franchit aucune frontière, et un aller-retour à Lille suffit à la faire tomber
- Après un accident, un assureur peut discuter l'intervention si le conducteur n'avait pas le code 95
- L'Union européenne a demandé à la Belgique de retirer ses exceptions, ce qui fait de la dispense un acquis fragile
- Le renouvellement passe par 35 heures de formation tous les cinq ans, pas par un nouvel examen
En pratique, sur un chantier, le calcul se fait vite. Un patron qui envoie son porteur une fois par trimestre à Luxembourg paie moins cher le code 95 de deux chauffeurs qu'une seule discussion avec un contrôleur luxembourgeois.
Le kilomètre devient payant au-dessus de 3,5 tonnes
Voilà le poste que les auto-écoles ne facturent pas et que personne n'anticipe.
Le prélèvement kilométrique belge frappe tous les véhicules de catégorie N prévus ou utilisés pour le transport de marchandises dont la masse maximale autorisée dépasse 3 500 kg. Vides ou chargés. Biens commerciaux ou privés. Un châssis-cabine carrossé en benne à 4 500 kg y entre du seul fait de sa MMA, même s'il ne transporte que le matériel de l'entreprise. Il faut un boîtier embarqué à bord, et son voyant doit être vert en permanence.
Les tarifs dépendent de la masse, de la norme d'émission et de la Région traversée. Voici la tranche qui concerne les porteurs de 3,5 à 12 tonnes, relevée le 17 septembre 2026 sur la grille tarifaire publiée par Viapass, édition du 1ᵉʳ juillet 2026.
| Réseau à péage | Diesel Euro 6, classe CO₂ 1 | Électrique ou hydrogène (ZEV) |
|---|---|---|
| Wallonie, hors TVA | 0,061 €/km | 0,061 €/km |
| Flandre | 0,101 €/km | 0,009 €/km |
| Bruxelles, autoroutes | 0,099 €/km | 0,017 €/km |
| Bruxelles, voiries urbaines | 0,132 €/km | 0,024 €/km |
Faites l'addition sur 10 000 km facturés dans l'année, ce qui correspond à un porteur régional qui fait la moitié de ses kilomètres sur le réseau à péage. Le diesel Euro 6 paie 610 euros en Wallonie, 1 010 en Flandre, 990 sur les autoroutes bruxelloises et 1 320 sur les voiries urbaines de la capitale. Le même trajet avec un utilitaire de 3 500 kg pile coûte zéro.
Deux particularités belges méritent d'être notées, parce qu'elles renversent les intuitions. La première est régionale : en Wallonie, le prélèvement est une redevance soumise à la TVA, donc récupérable par un assujetti, alors qu'en Flandre et à Bruxelles c'est une taxe, hors champ de la TVA. La seconde est plus brutale encore. La Wallonie applique au véhicule électrique exactement le même tarif qu'au diesel Euro 6, au centime près, quand la Flandre lui consent un tarif onze fois inférieur et Bruxelles un tarif près de six fois inférieur. Un transporteur qui électrifie sa flotte fait donc une opération remarquable au nord et une opération strictement nulle au sud, pour le même camion et le même kilomètre.
Le Daily d'Iveco, le Master de Renault en version 4 tonnes, le Ducato Maxi de Fiat, le Sprinter de Mercedes-Benz et le TGE de MAN se déclinent tous au-dessus de 3,5 tonnes sur le marché belge. Choisir cette version, c'est accepter d'entrer dans ce tableau.
Pourquoi un fourgon électrique de 4,25 tonnes échappe-t-il au C1 ?
Parce que la batterie mange la charge utile, et que le législateur a fini par en tenir compte.
La Belgique applique depuis le 1ᵉʳ septembre 2023 un projet pilote qui autorise la conduite d'une camionnette électrique ou à hydrogène jusqu'à 4 250 kg avec le seul permis B, alors que le véhicule relève techniquement de la catégorie C1. La camionnette doit appartenir à une entreprise et servir au transport de marchandises, ce qui exclut l'usage privé et le transport de personnes. Les véhicules inscrits au projet sont par ailleurs exemptés de tachygraphe.
Le projet devait s'arrêter fin août 2026. Il a été prolongé jusqu'au 26 novembre 2027, veille de l'entrée en application de la disposition correspondante de la directive (UE) 2025/2205. À partir du 27 novembre 2027, tous les États membres autoriseront un titulaire du permis B délivré depuis deux ans à conduire un véhicule à propulsion alternative jusqu'à 4,25 tonnes. La dérogation belge, aujourd'hui expérimentale et soumise à inscription, deviendra un droit européen ordinaire.
Attention au raccourci, cependant. La dérogation porte sur le permis et sur le tachygraphe, pas sur le reste. Un utilitaire électrique de 4 250 kg reste un véhicule de catégorie N dont la MMA dépasse 3 500 kg : le prélèvement kilométrique s'applique, au tarif ZEV de la Région traversée. Et sur ce point, la ligne wallonne du tableau ci-dessus reste la mauvaise nouvelle du dossier.
Faut-il passer le C1 ou rester calé à 3,5 tonnes ?
La question ne se tranche pas sur le permis. Elle se tranche sur le nombre de rotations.
Presque tous les grands fourgons vendus en Belgique sont volontairement calés à 3 500 kg pile, précisément pour rester sous la frontière. Monter en C1, c'est gagner une à trois tonnes de charge utile et perdre, d'un coup : la liberté d'embauche d'un conducteur permis B, la souplesse du code 95, la gratuité du kilomètre et l'accès aux voiries interdites par panneau aux véhicules lourds. Le passage au contrôle technique change aussi de nature, et notre article sur le contrôle technique d'un utilitaire détaille la périodicité et les points supplémentaires vérifiés par le centre.
L'arbitrage est presque toujours le même. Si le dépassement de charge utile est occasionnel, la deuxième rotation coûte moins cher que le basculement en C1. S'il est structurel, parce que le métier transporte du dense ou parce que la carrosserie mange la charge utile, alors le C1 se paie tout seul. Nos chiffres sur les carrosseries châssis-cabine, plateau et benne montrent qu'à châssis identique, le seul choix de la caisse peut coûter plus de 800 kg. Et le plafond de charge utile en permis B fixe le point de départ du calcul.
Notre verdict
Sur les flottes que j'ai gérées, le passage au-dessus de 3,5 tonnes a presque toujours été décidé pour de bonnes raisons techniques et budgété pour de mauvaises. On chiffre le permis, parfois la formation, rarement le code 95, et jamais le boîtier de péage. Puis la première facture Viapass arrive en fin de trimestre et le calcul du tableur se révèle faux de plusieurs centaines d'euros par véhicule.
Le conseil tient en une ligne. Avant de signer un châssis à MMA relevée, additionnez le permis, le code 95 de tous les conducteurs concernés, le contrôle technique annuel et le prélèvement kilométrique de votre Région sur votre kilométrage réel. Comparez ensuite ce total au coût d'une rotation supplémentaire avec un 3,5 t. Le verdict sort tout seul, et il n'est pas le même à Gand qu'à Namur.
Si le véhicule n'est pas encore choisi, le comparateur d'utilitaires trie sur la charge utile et le volume réels, et notre classement du meilleur grand fourgon en Belgique montre jusqu'où on peut aller sans quitter le permis B.
Sources : arrêté royal du 4 mai 2007 relatif au permis de conduire, à l'aptitude professionnelle et à la formation continue des conducteurs des catégories C1, C1+E, C, C+E, D1, D1+E, D, D+E ; Service public de Wallonie mobilité et infrastructures, page Aptitude professionnelle (code 95) et liste des catégories de conducteurs dispensés du CAP ; GOCA, tarifs des examens du permis de conduire en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 ; Viapass, grille tarifaire du prélèvement kilométrique et champ d'application, édition du 1ᵉʳ juillet 2026, relevée le 17 septembre 2026 ; SPF Mobilité et Transports, projet-pilote permis B pour camionnette zéro émission jusqu'à 4 250 kg ; directive (UE) 2025/2205 ; Transportmedia, exemption de l'aptitude professionnelle valable uniquement en Belgique, 11 septembre 2016.
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Questions fréquentes
Damien, 44 ans, a géré pendant douze ans la flotte d'utilitaires d'une PME de second œuvre dans la région de Namur : achats, entretien, revente, et les galères de carrosserie qui vont avec. Il a vu passer des dizaines de Trafic, Transporter et Master, et il sait ce qui casse, ce qui se revend bien et ce qui coûte cher à l'usage. Il a lancé ce site pour comparer les utilitaires sur ce qui compte vraiment en Belgique : charge utile réelle, volume utile, TVA récupérable et coût au kilomètre — pas la brochure du concessionnaire.
